Chez Boulinier, en 1990, le rayon livre est géré par Philippe aidé de Stéphanie. Le travail est lourd avec de nombreux achats (la stratégie est alors de ne refuser aucun carton de livre / disque). Philippe fait rentrer Yvette, la compagne de son ami Marius. Yvette plonge dans les deux niveaux de sous sol de Boulinier au milieu des montagnes de cartons de livres. Marius la suit et l'aide. Il écoute aussi ses coups de fatigue, de stress. Et puis, dans cette aventure Boulinier, en plus des rayons Livres d'Yvette, il y a aussi la musique avec les 33 tours avec Pierre, les CD, les K7 (Amédée), et une passions pour le Jazz. Et par ailleurs, au deuxième étage, c'est la bande déssiné. Monde qui parle à Michel qui aime tout particulièrement l'illustration, et en particulier les dessins de Sempé.
Au début des années 90, il se lance dans la création de carnets: des petites histoires pour Yvette, des carnets qui lui sont destinées, et ne sont montrés à personne d'autre. Le tire de la série "C'est à moi rien qu'à moi" ne trompe d'ailleurs pas sur l'attitude d'Yvette face aux objects et aux création de Marius. Elle est très exclusive, et il joue le jeu. Elle est sa muse. Il ne crée que pour elle.
Précurseur, il crée ces petits carnets comme commencent tout juste à le faire aussi en parralllèle la nouvelle école de la bande dessiné, avec Trondheim. Ses carnets évoquent assez fortement les "Petit Rien" que sortira Lexis Trondheim vingt ans plus tard.
Dessiné directement au feutre sur les carnets, sans brouillons, sans crayonnés, sans droit à l'erreur, ils montrent la technique de Michel qui maitrisait parfaitement son trait.
La série des carnets:
Yvette est bien sûr le personnage principal, elle lit, dort, mange, et travaille. Ses humeurs sont la trame principale des planches.

Parfois (rarement), on voit M. Perplex, l'avatar de Marius, avec sa tête de figue, comme disait Yvette.

Et le thème du travail, chez Boulinier, est le sujet de nombreuses planche:
