En 1965, c’est le Concile Vatican II. Furieux qu’on brade les rites et les traditions, qu’on remplace les liturgies anciennes aux significations secrètes par des rituels anodins, il souffre, sa foi chancelle. Son fils aîné meurt. Son sixième enfant, un bébé de sexe masculin, était mort à la naissance en 63. Si les femmes (il a quatre filles) exercent sur lui un grand attrait, il éprouve quand même à leur égard une grande méfiance! La Femme l’attire et le fascine mais… n’est-elle pas dangereuse ? De toutes façons, les curés lui déconseillent les aventures. La fidélité, il en crèvera. Tant pis, on peint. D’autant qu’il est seul. Il amasse et amasse des toiles mais personne ne vient le voir dans son atelier… ni acheteur, ni galeriste, ni bien sûr critique… Il doute. Qu’importe ! En 1970, ses enfants élevés, il se lance dans l’aventure. Il peint jour et nuit. “Le soir, j’ai hâte d’être au matin pour peindre” écrit-il dans son journal. Il exploite plusieurs thèmes. Après la religion, le Christ, les travailleurs, il y a les églises, toute une gamme, de la plus “classique” (de style jésuite) à la plus folle, presque une pâtisserie, ou alors les femmes-églises, les églises dans le désert… Il montre la Sensualité mais aussi la Solitude. Il habite Versailles, une ville de bourgeois. Il se moque. Trop de notables qui se rendent aux rétrospectives de Van Gogh quand ils ne l’auraient même pas visité dans leur rue. “6000 personnes par jour à l’exposition Van Gogh - les mêmes qui le laisseraient crever aujourd’hui s’ils le rencontraient dans sa solitude”… note-t-il, narquois. Le vieux peintre rôde (comme Van Gogh) dans la ville, il se promène, son chapeau sur la tête, les cheveux longs. Il a toujours froid, il grelotte, il entasse sur lui pardessus, écharpes, gilets. On reconnaît sa silhouette. On dirait Ubu-roi. Mais est-ce pour autant qu’on lui parle ? |